Webmail | Inscription
Mot de Circonstance du Directeur Général aux cérémonies de collation des grades pour l’année académique 2014-2015

Mot de Circonstance du Directeur Général aux cérémonies de collation des grades pour l’année académique 2014-2015

  • Monsieur le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu,
  • Monsieur le Représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire,
  • Madame le Ministre Provincial de l’Education du Nord-Kivu,
  • Messieurs les Membres de la Conférence Provinciale des Chefs d’Etablissements du Nord-Kivu,
  • Messieurs les Membres du Comité de Gestion de l’ISIG-Goma,
  • Chers collègues Enseignants,
  • Messieurs les Membres du Personnel Administratif et Ouvrier de l’ISIG-Goma,
  • Camarades Etudiants,

 

Chers Parents et membres des familles des lauréats de cette journée exceptionnelle, c’est pour moi un grand honneur de parler au nom de l’Institut Supérieur d’Informatique et de Gestion pour m’adresser à une assemblée aussi auguste en un moment aussi crucial.

Il est traditionnel qu’à l’occasion de chaque cérémonie de Collation des Grades Académiques, le Directeur Général fasse un discours dit de politique générale.

Sous cet angle de vue, il y a un risque de croire qu’en prenant cette parole je ne fais que m’acquitter d’un devoir rituel. Tel n’est pas le cas.

Ce moment constitue pour moi une opportunité d’exprimer la vision de toute mon équipe aux plus importants partenaires de l’ISIG que sont les parents d’étudiants, les étudiants, le pouvoir public ainsi que la Société toute entière.

Dans un premier temps je vous prie de bien vouloir accepter l’expression de nos remerciements.

Si cette année académique 2014-2015 peut-être exceptionnellement clôturée aujourd’hui c’est essentiellement grâce à la confiance que les parents et les étudiants continuent à nous témoigner. Cette confiance est vitale pour le progrès de notre institution.

Chers parents et chers étudiants.

Au risque de passer pour une institution ingrate, c’est tout en vous remerciant que nous allons essayer de vous demander d’accroître encore cette confiance que vous témoignez à l’ISIG-GOMA.

Certains éléments sur lesquels je reviendrai semblent indiquer que l’ISIG-Goma n’est pas encore apprécié à sa juste valeur par ses principaux bailleurs des fonds que sont les parents et la société Kivutienne en général.

Je voudrais saisir également cet instant pour rendre hommage au travail de tous les agents de l’ISIG qui ont sacrifié repos et heures de sommeil pour que cette année académique touche à sa fin.

J’ai personnellement observé avec beaucoup d’admiration le fait que durant ce mois de juillet 2015, nombreux sont les agents de l’ISIG, membres du Comité de Gestion, Autorités de la section, des Départements et de l’apparitorat, membres du Corps administratif, techniciens et ouvriers qui quittaient l’ISIG à des heures très tardives malgré les sentiments d’insécurité ambiants dans notre ville de Goma.

Certains de ces collègues sont même enseignants à temps partiel mais ont répondu présent aux sollicitations de notre Comité de Gestion pour des tâches qu’il conviendrait de confier à des enseignants à temps plein.

Nous ne manquerons pas le moment venu, de transmettre ces constats positifs au pouvoir organisateur de notre institution représenté par notre Conseil d’Administration ainsi que notre Promoteur.

Parlant du pouvoir organisateur de l’ISIG, nous profitons de ce même instant pour remercier une fois de plus le Docteur DEO KATULANYA ISSU, Promoteur et Président du Conseil d’Administration de l’ISIG-Goma.

Nous allons totaliser bientôt une année depuis qu’il nous a confié pour un temps la Direction Générale de cette belle institution aux potentialités énormes.

Nous ne saurions pas remercier le Promoteur de cette institution sans souligner l’exceptionnelle et rare chance que nous avons dans l’exercice de cette lourde responsabilité : dans un monde dominé par des querelles multiformes de leadership et de lutte pour le pouvoir JE possède le privilège d’être en parfaite communion des pensées avec le Directeur Général de l’ISIG qui m’a précédé.

Cela ne veut certainement pas dire que nous sommes toujours de même avis mais notre Comité de Gestion sait qu’il peut compter sans réserve sur l’expérience du Professeur DEO BUGANDWA qui, malgré ses hautes responsabilités au près du Promoteur, fournit d’énormes efforts pour assurer une charge permanente à l’ISIG Goma tout en nous partageant ses réflexions les plus profondes sur les orientations politiques que nous choisissons.

Nous sommes évidemment tristes de constater que le poids des responsabilités qui sont les leurs à la Mutuelle d’Epargne et de Crédits du Congo (MECRECO) a eu raison sur le souhait du Dr KATULANYA DEO et du Professeur BUGANDWA DEO de venir participer à cette cérémonie.

Le caractère auguste de cette assemblée serait sans aucun doute accentué par leurs présence parmi nous. A l’impossible nul n’est tenu, dit-on.

La cérémonie de ce 31 Juillet est spéciale à plus d’un titre :

1. Au niveau de notre ministère de tutelle.

L’ISIG Goma remercie très sincèrement les efforts de régularisation qui ont été fournis par son Excellence le Ministre THEOPHILE MBEMBA qui, depuis qu’il est en fonction, manifeste une volonté constante de retour à la normale.

En plus des progrès d’assainissement que la Nation toute entière a salués en direction des écoles doctorales dans notre Pays, nous pouvons citer avec plaisir la rapidité, la transparence et le sérieux avec lesquels son équipe traite actuellement les dossiers d’homologation des diplômes des finalistes dont les institutions sont en ordre.

Je peux sans me tromper vous assurer que les lauréats qui seront collés dans quelques heures seront appelés très prochainement pour le retrait de leurs diplômes homologués.

Si nous figurons parmi les institutions qui ont réussi à organiser une collation des grades en cette date c’est en partie grâce à l’impulsion de notre ministère de tutelle qui ne laissait pas des voies de recours pour ceux qui souhaitaient prolonger cette année académique comme par le passé.

2. Au niveau de notre Institution.

En dépit d’une année académique dont nous avons pris la direction juste après son démarrage et les choix et les changements qui sont survenus peu après, nous sommes très fiers d’avoir réussi à garder le cap. Il vous souviendra qu’à cette même place, lors de notre investiture nous avions fait une double promesse à la communauté ISIG.

(a) Nous nous sommes d’abord engagé à travailler pour le maintien de l’essor et du dynamisme qu’avait atteints l’équipe BUGANDWA.

(b) Nous avons ensuite souligné notre ferme volonté de progresser au-delà du niveau atteint par notre respectable prédécesseur en travaillant pour marquer l’ISIG de nos propres empruntes en vue de nouvelles croissances.

Lorsque l’on considère les qualités de notre prédécesseur ainsi que le contexte socio-politique qui constitue l’environnement immédiat de l’ISIG-Goma, cette double promesse peut nous faire passer pour un démagogue ou même un utopiste.

Si l’on intègre en plus à ce tableau des variables inattendues résultant des choix professionnels des uns et des autres qui sont survenus juste après notre investiture, lorsque l’on tient compte de tous les imprévus que nous avions sous-estimés au début mais que nous devons affronter au quotidien je pense que notre comité de gestion possède de bonnes raisons d’être fiers de n’avoir pas déçu la double promesse faite à la communauté au début de notre mandat.

La réussite de cette année académique n’est certainement pas l’oeuvre du seul Directeur Général que nous sommes.

Permettez-moi de rendre hommage à la collaboration de mon Comité de Gestion.

Le Chef de Travaux ERIC KASUKU KALABA a réussi à assumer les fonctions de Secrétaire Général Administratif et Financier à la hauteur de l’ISIG-GOMA.

Il est pour moi un collaborateur de grande valeur.

Il a toujours donné et argumenté ses points de vue même lorsque ces derniers vont à l’encontre de la volonté du Directeur Général. Il sait ensuite se soumettre au débat qui résulte naturellement des nos divergences de vues et lorsqu’un compromis est acquis, il a une exceptionnelle capacité à en assumer le corollaire avec compétence.

Comment définir autrement un intellectuel ?

La réussite de cette année académique doit énormément à l’esprit de sacrifice du Chef de Travaux ERIC KASUKU.

Le destin a fait qu’en cette même date du 31 Juillet 2015, sa tendre fille NADINE KASUKU soit en pleine cérémonie de mariage à Bukavu.

Jusqu’aux dernières heures de la journée d’hier, le CT KASUKU était en plein travail ici à l’ISIG alors que ses plus hauts devoirs de père de famille l’appelaient à Bukavu.

 

Est-ce nécessaire de vous mentionner que suite aux multiples sollicitations de la journée d’hier, notre Secrétaire Général Administratif était encore à l’ISIG jusqu’à 17 heures au risque de rater son bateau de nuit ?

J’espère avoir dit l’essentiel à ceux d’entre vous qui auraient besoin d’une justification de l’absence de notre Secrétaire Général Administratif à cette grande cérémonie.

Si j’ai appris une grande leçon en observant directement (depuis peu) et indirectement (depuis plusieurs années) le style de travail de notre promoteur c’est la confiance qu’il témoigne à la jeunesse.

Dans un Pays où certains aînés semblent ne s’accrocher que sur leur âge en faisant parfois obstruction à l’intégration de jeunes dans différents secteurs de production et de gestion, on est frappé par la surreprésentation des jeunes cadres dans les structures comme MECRECO , STC et pourtant, le promoteur de ces structures ne peut pas du tout être qualifié de jeune.

Une bonne illustration de cette exception est la présence de notre collègue, l’Assistant AMANI HAGUMA Joseph au sein de notre équipe de Gestion en sa qualité de Directeur du Système d’Information de Gestion.

Il y a un grand risque que certains d’entre nous comprennent mal mes propos. L’Assistant AMANI HAGUMA Joseph n’est pas membre du Comité de Gestion de l’ISIG juste pour illustrer le fait que nous donnons de la valeur à la jeunesse.

Ceux d’entre vous qui connaissent bien l’ISIG savent à quel point sa présence est plus que méritée dans notre organe de décision.

En plus du fait qu’il est un pur produit de l’ISIG-Goma, AMANI HAGUMA JOSEPH est le collègue du comité de Gestion à qui les devoirs professionnels à l’ISIG ont pratiquement ravi toute notion de vie privée.

En plus de sa présence quasi permanente à l’ISIG, il dispose d’une honorable puissance du travail qui en fait la pierre angulaire de nos ambitions de pionnier en matière d’intégration de Nouvelles Technologies d’Informations et de Communication dans la gestion financière et académique des institutions d’enseignement supérieur et universitaire.

Il y a deux semaines, nous avons été conforté dans cette envolée technologique par les encouragements du Professeur André M. MUMBWA qui, en sa double qualité d’Ainé expérimenté et de Conseiller Scientifique de son Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, a visité l’ensemble de nos infrastructures hard et soft.

S’agissant de notre Système d’Informations et de Gestion, notre illustre visiteur nous a sérieusement encouragé à poursuivre nos ambitions d’intégration des nouvelles technologies dans tous les secteurs de notre gestion.

Il est évident que le Système d’Informations de Gestion de l’ISIG constitue l’une des spécificités de notre maison et constitue un atout stratégique de haute envolée.

Elle permet une transparence financière exceptionnelle et constitue en même temps un remède efficace contre toute sorte de fraude académique.

Dans les jours à venir, cette informatisation ne pourra que s’accroître. Elle est en fait une conséquence directe de la formation et de la vie professionnelle du Promoteur et Président du Conseil d’Administration de l’ISIG et constitue, en même temps le moyen le plus efficace pour évoluer en concordance des phases avec les exigences de la Mondialisation.

L’Assistant Joseph AMANI HAGUMA est la première des plusieurs compétences exceptionnelles et propres en matière d’Informatique dont doit disposer l’ISIG-Goma à moyen et long terme. Le Comité de Gestion de l’ISIG ainsi que le Comité de Gestion sont très avancés dans les démarches visant à  renforcer à courts termes les compétences de l’Assistant AMANI.

Pour clôturer ce chapitre relatif à nos ambitions technologiques, je saisis cet instant pour remercier et encourager tous les étudiants de l’ISIG-Goma regroupés au sein de différents clubs et qui s’exercent à développer des applications informatiques susceptibles d’optimiser la gestion de divers secteurs de notre Pays. Je salue pour cela le temps que consacre l’Assistant BAYONGWA PACIFIQUE à l’encadrement extra-académique de ces jeunes créateurs.

Pour faire honneur à ce secteur, je me permets de vous annoncer le renforcement prochain de nos équipements ainsi que l’organisation prochaine d’une journée INFORMATIQUE ET SOCIETE au cours de laquelle des étudiants de l’ISIG présenteront à la société, sous les auspices du Comité de Gestion, des applications informatiques diverses....

Il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’ISIG Goma ne peut pas afficher sa santé actuelle si d’autres agents l’abandonnaient aux seuls membres du Comité de Gestion.

Nous réitérons nos sincères remerciements au Chef de Section, aux Chefs des Départements, à l’appariteur, à tous les enseignants ainsi qu’à tout le Personnel Administratif, Technique et ouvrier pour la contribution qui a été la leur pour la réussite de cette année académique exceptionnelle.

3. Au niveau de nos étudiants.

Au cours de cette année académique, certains de nos étudiants ont fourni des efforts louables.

En dépit de plusieurs années de mauvaise habitude dans notre système éducatif, avouons-le, où des étudiants finalistes de graduat et de Licence se complaisent souvent à gaspiller toute une année académique sans penser à leurs Travaux de Fin de Cycle et à leurs Mémoires selon le cas en échouant même en plus aux cours, il est exceptionnel de constater que quelques étudiants ont fait une rupture en changeant parfois de mode de vie pour affronter avec succès les cours, les travaux pratiques, les interrogations, les examens ainsi que les mémoires et les TFC pour tout terminer en première session de Juillet 2015.

Certains de ces étudiants ont même réalisé des mentions d’excellence à l’issue de cet marathon difficile. Ils méritent tout le SUCCES qui est rattaché aux diplômes qui leurs seront donnés incessamment.

Parlant du succès, je voudrais m’adresser à ceux de nos étudiants qui n’ont pas réussi en première session.

Ceux de nos étudiants qui doivent attendre la seconde session et qui peut-être vont échouer cette année académique.

Pour illustrer le conseil que je tiens à donner aux étudiants qui n’ont pas réalisé leur part du contrat pour être proclamés avec d’autres en première session, je vais citer un grand Homme.

Contrairement à mes habitudes, je ne fonderai pas mes propos sur la citation d’un mathématicien, ou d’un philosophe ou même d’un académicien.

Je pense à VIDAL SASSOON, ce célèbre coiffeur britannique qui est devenu millionnaire en offrant ses services à des célébrités. Il a dit :

LE SEUL ENDROIT OU LE MOT SUCCES VIENT AVANT LE MOT TRAVAIL EST DANS LE DICTIONNAIRE.

M’appuyant sur cette citation de SASSOON, je voudrais dire à ceux de nos étudiants qui n’ont pas donné le meilleur d’eux-mêmes cette année que le monde dans lequel nous vivons n’est pas un dictionnaire.

Non seulement le succès vient après le travail mais aussi il en est la conséquence la plus naturelle.

Certains d’entre eux sont intelligents et fiers d’étudier dans une institution dédiée à la qualité mais ne fournissent pas le TRAVAIL qu’impose la possession de la carte biométrique que l’ISIG leur donne !

Si je me suis servi d’un coiffeur pour m’adresser à ceux qui n’ont pas réussi, c’est peut-être très symbolique.

Je voudrais m’adresser maintenant à ceux là qui ont réussi et qui justifient notre cérémonie d’aujourd’hui. Pour illustrer mon conseil, je vais oser contredire un grand imprimeur, éditeur, naturaliste, inventeur, homme politique et un des pères fondateurs des Etats-Unis d’Amérique. Vous avez sans douté deviné que je pense au grand Benjamin Franklin qui a dit :

LE SAVOIR EST POUR L’HOMME STUDIEUX ET LES RICHESSES POUR L’HOMME VIGILANT.

Chers lauréats de ce jour. Vous êtes studieux et le diplôme que nous nous apprêtons à vous donner est une présomption du SAVOIR que vous possédez.

Sachez tout de même que nous ne vous formons pas pour que vous deveniez pauvres. L’affirmation du Président FRANKLIN avait peut-être tout son sens au 18 ème siècle.

Aujourd’hui, en plein 21ème siècle, l’ISIG Goma vous demande d’ajouter de la vigilance à votre esprit studieux afin que vous ayez RICHESSE et SAVOIR.

Le niveau de réussite professionnelle des anciens d’une institution d’enseignement constitue en fait un important indicateur du sérieux de l’institution. Soyez sérieux, laborieux et au besoin entrepreneurs. Éloignez-vous de ceux là qui font une course effrénée vers l’argent facile. Vous allez recevoir bientôt un diplôme de très haute facture. Valorisez-le.

Vous allez nous quitter mais nos portes vous resteront ouvertes chaque fois que vous aurez des propositions à nous faire.

Mesdames, mesdemoiselles et Messieurs. Distingués invités et Chers collègues.

En cette cérémonie marquant la clôture officielle de l’année académique 2014-2015. Je voudrais rappeler le fait que l’éducation de nos jeunes constitue un important levier de notre développement.

En introduisant mon propos, je me suis permis de vous remercier pour la confiance que vous nous portez tout en nuançant un peu. Avant de suivre l’itinéraire des facultés, j’ai passé cinq années d’études à l’ISP-Bukavu. Ce parcours m’a permis d’enseigner à tous les niveaux de notre système éducatif et dans tous les Pays des Grands-Lacs africains. Mes responsabilités de chercheur et de gestionnaires des politiques d’éducation me donnent actuellement une position d’observateur privilégié des acteurs de l’éducation au niveau régional, national et- dans une certaine mesure-international.

Je suis au regret de vous affirmer qu’actuellement nos parents du Kivu ne semblent pas comprendre à sa juste valeur la nécessité de disposer des institutions de formation de qualité dans nos propres milieux.

Il est vrai que certaines particularités culturelles et historiques du Kivu nous ont permis d’avoir de bonnes écoles secondaires ainsi que des structures qui permettent de disposer encore aujourd’hui des cadres laborieux d’enseignements dotés d’une éthique rare dans notre Pays.

 

Il est cependant malheureux de souligner le fait que depuis un temps, on observe une disparition progressive de nos salles de lectures, de nos bibliothèques, de nos troupes théâtrales et différentes organisations culturelles qui faisaient jadis notre fierté au profit de petites boutiques et de petits marchés sans parler des phénomènes Karaoké qui semblent constituer actuellement l’exclusivité de nos productions culturelles. On observe parallèlement une prolifération d’institutions d’enseignements supérieurs qui ne sont motivées que par le désir de gagner facilement de l’argent au grand mépris de toute notion de qualité.

Ces institutions constituent en réalité la version académique de petits marchés et boutiques susmentionnés. Seule la marchandise constitue la Différence mais le style est le même.

Nous avons certes besoin d’organiser notre commerce ainsi que notre production musicale. Nous sommes nous-mêmes un consommateur de ces productions musicales dans nos moments de loisir.

Pour ne pas m’enliser dans ces propos qui me tiennent à coeur en tant que fils et produit du Kivu mais qui peuvent malheureusement être mal interprétés par certains acteurs de notre secteur, je voudrais en toute humilité exprimer ma frustration sous forme interrogative aux parents et étudiants du Kivu, représentés dans cette cérémonie :

Savez-vous combien de fois nous avons été choqués de constater que les mêmes parents de Goma et de Bukavu qui résistent farouchement lorsqu’il faut payer moins de 500 dollars par an pour la formation de leurs enfants dans une institution privée d’excellence au Kivu payent en même temps 3000 dollars et parfois plus dans des institutions de seconde zone à Nairobi, en Inde ou ailleurs alors qu’ils ne disposent d’aucun moyen de s’assurer de la qualité de cet enseignement lointain ?

Certains des finalistes qui en sortent sont peu compétitifs pour obtenir du travail dans les Pays où on les a formés et semblent en même temps dépassés par les événements lorsqu’ils rentrent au Pays.

Nous avons un devoir patriotique de travailler à l’émergence des institutions de qualité dans notre Pays. L’ISIG-Goma a fait partie.

Je m’excuse de vous le dire de manière tout à fait brute. L’ISIG voudrais signer une sorte de contrat éducatif avec la société congolaise en générale et Kivutienne en particulier.

Accordez à l’ISIG-Goma toute l’attention et la confiance qu’il mérite et exigez-nous les résultats.

Nous avons toutes les autorisations de la part de notre Conseil d’Administration et de notre promoteur pour attirer à l’ISIG-Goma les meilleurs compétences mondiales et régionales en Gestion de Développement, Gestion des Institutions de la Santé, en Santé Publique, En Environnement, en Gestion des Institutions de Micro-finance et en Informatique afin que nous offrions à la RDC un cadre exceptionnel de formation de nos ressources humaines. Certaines de ces compétences ont contribué à la formation des lauréats d’aujourd’hui et cette tendance va s’accentuer les jours à venir.

Nos différents carnets d’adresses nous le permettent mais nous faisons souvent face aux moyens financiers.

 

Nous avons en plus la chance d’hériter d’un système de gestion transparent qui nous permet de donner la garantie à chaque parent d’étudiant de l’ISIG que chaque franc congolais qui est payé à l’ISIG contribue directement à l’éducation de notre jeunesse.

Si vous tenez compte du fait que les ventes des syllabus sont depuis longtemps interdites à l’ISIG, que les auditoires se modernisent du jour au lendemain, que des meilleurs enseignants de Goma, de Bukavu et même venus de l’étranger viennent nous aider à former vos enfants et leur nombre augmentent chaque année, si vous considérez les projets de grande envergure qui sont en cours à l’ISIG et que vous coupliez tout cela avec ce que vous payez, vous comprendrez que l’ISIG-GOMA est sans doute l’Institution la moins chère du Kivu.

Nous sommes sérieusement frustrés lorsque vous mettez nos exigences en comparaisons avec celles des institutions susmentionnées qui n’ont comme objectif que le profit.

Notre promoteur fait sa carrière dans la MICROFINANCE et à cet titre il est un ami de la classe moyenne et un banquier des pauvres. Nous sommes nous-mêmes, pour la plupart, des enfants des prolétaires.

Nous pouvons donc vous garantir qu’ il ne sera donc jamais question que l’ISIG organise un enseignement des riches !

Nous voulons solliciter tout simplement un crédit supplémentaire de votre confiance afin d’étudier avec nous les voies et moyens de poursuivre l’inévitable chemin d’équipements et de modernisation de notre belle institution.

Parlant de notre belle institution, vous savez qu’il y a un peu plus de 25 ans depuis que l’ISIG a vu le jour.

En clôturant en cette date du 31 juillet 2015 l’année académique 2014-2015 j’ai l’honneur de vous informer que l’année académique 2015-2016 sera notre année jubilaire.

Dans les tout prochains jours sera mise sur pieds une commission chargée de planifier l’organisation de notre année jubilaire.

Suivant les toutes premières réflexions, cette commission comprendra d’anciens étudiants, des collègues du Promoteur, d’anciens gestionnaires et l’année académique 2015-2016 se clôturera par une semaine de commémorations de notre Jubilé d’Argent.

Des idées et d’autres formes de contributions serons les bienvenues.

D’énormes progrès ont été accomplis durant les 25 ans mais un long chemin reste à parcourir.

Actuellement, l’ISIG Goma doit son succès au sérieux de ses animateurs et de son pouvoir organisateur.

Nous aimerions que dans les jours à venir le succès de l’ISIG cesse de dépendre de la grandeur de son promoteur et de ses animateurs.

Nous ne sommes que des mandataires passagers à l’ISIG et nous devons faire en sorte que l’ISIG prenne de la hauteur indépendamment de nous.

S’adressant à la classe politique africaine, le Président OBAMA n’a-t-il pas dit que l’Afrique a plus besoin de grandes institutions que de grands hommes ?

Nous pouvons le paraphraser en disant que l’ISIG de demain aura besoin d’être beaucoup mieux structurée avec des ressources humaines propres et des infrastructures à la hauteur de ses ambitions.

Des réflexions sont menées à un niveau plus élevé pour la mise sur pieds d’une structure qui garantira un sérieux à très longs terme de notre institution tout en mettant un accent sur le caractère citoyen et humanitaire des oeuvres du Dr KATULANYA DEO.

Nous sommes peut-être parmi les meilleurs institutions à Goma mais nous ne perdons pas de vues le fait que beaucoup de choses restent à faire.

1. Nous profitons certes de la collaboration de grandes Institutions de la Région comme l’UCB, l’ULPGL, l’Université du Burundi, l’ENSP Yaoundé 1, l’UCAC... dont les enseignants viennent nous appuyer pour améliorer la qualité de nos produits mais l’ISIG-Goma a besoin d’une coopération plus poussée et plus ouverte vers l’extérieur.

2. Nous disposons certes de bâtiments autonomes et propres ainsi que d’un équipement informatique et didactique conséquents, d’un projecteur par auditoire ainsi que d’une bibliothèque de plus en plus fournie mais nous tenons à nous équiper davantage en augmentant notre capacité d’accueil ainsi que nos équipements.

3. Nous avons plusieurs entrées individuelles dans divers organismes de Recherches, nous invitons de plus en plus des professeurs dont la renommée va au delà des limites de leurs Pays mais la coopération institutionnelle reste encore à construire. Dans cette rubrique, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’avec l’aval du Président de notre Conseil d’Administration, je serai personnellement en Italie du 23 Août au 5 Septembre prochain pour répondre à une Invitation qui m’a été faite par mes pairs pour donner ma contribution à un Workshop de Mathématiques organisé par l’UNESCO à l’ICTP  Je représenterai ainsi l’ISIG-Goma et notre beau Pays à cette grande fête d’idées.

Je voudrais clôturer mon modeste propos en revenant sur un aspect concret du caractère citoyen et humanitaire des oeuvres de notre promoteur.

Vous savez bien que les bourses KATULANYA sont accordées chaque année à nos meilleurs étudiants qui réussissent brillamment en première session. Cette année ne fera pas exception.

Comme d’habitude, nos brillants étudiants qui se sont particulièrement distingués en cette première session bénéficieront d’une prise en charge pour l’année académique 2015-2016.

Plus que cela, nous avons estimé nécessaire d’augmenter exceptionnellement cette bourse pour deux étudiants qui ont brillé en cette première session.

C’est ainsi qu’au cours de cette même cérémonie, un cadeau spécial sera donné au meilleur lauréat de Licence ainsi qu’à celui de Graduat.

 

Mesdames Mesdemoiselles et Messieurs, distingués invités ; j’ai pratiquement épuisé le temps que la modération a accordé à cette intervention. Je vous remercie pour l’attention que vous avez bien voulu m’accorder pendant ces quelques minutes.

J’éprouve énormément de plaisir chaque fois que les circonstances me donnent l’occasion de m’adresser à des partenaires autres que les étudiants.

Je souhaiterais même prolonger de plusieurs heures ma réflexion mais la modération de cette cérémonie ne me pardonnerait pas d’être celui par qui le non respect du timing est arrivé.

Je finis donc, malgré moi, en vous demandant qu’au delà des discours, nous puissions travailler en intensifiant votre adhésion à ce projet éducatif ambitieux et unique qu’est l’ISIG.

Pour le Comité de Gestion de l’ISIG Goma, Son Directeur Géneral

Dr ZIHINDULA B. Lucien

Partager ceci